Et sinon, toujours morue?

18 Août

J’ai toujours cette impression étrange de dédoublement, spécialement sur le net, mais pas que. Une espèce de fausse folie, un truc entièrement construit, voulu, pensé, désiré et qui s’anamorphose selon le bon désir/plaisir/goût des gens qui me lisent. Ou c’est moi qui suis concave, convexe, je ne sais plus bien…

C’est toujours avec étonnement que je lis de ci de là, ou que j’entends que je peux provoquer chez d’autres des réflexions, voire des sentiments (autre qu’un afflux massif sanguin à des endroits que la décence ne nous permet pas de nommer ici => pardon, il fallait la placer), …

Au final, écrire c’est toujours chez moi un peu coupable, un peu masochiste, un espèce de déballage de viande, une sorte d’appât à aimez-moi. Parce que oui, je veux qu’on m’aime. J’en ai besoin, plus que besoin. Je suis à la limite du pathologique, j’en ai conscience, et j’en ai mal. On ne refera pas l’histoire, et je ne vais pas jouer à l’apitoyeuse de sur-son-sort, enfance malheureuse et commencement de vie d’adulte merdique. Parce qu’objectivement, tu as le droit de t’en foutre, lecteur. Et puis ça n’apporterait pas grand chose. Je n’ai pas besoin de chercher des excuses à être comme je suis.

Seulement les implications de ce défaut, de ce trou noir en moi  ont tendance à me mettre dans des états pas possibles. Parce que je veux qu’on m’aime. Mais je défend de m’aimer. Je veux qu’on me connaisse, mais je ne donne pas les clés, ou si peu. Parfois il m’arrive d’oser laisser un peu aller, de tenter de cesser de contrôler. Et je me surprend, je m’étonne à laisser à d’autres que moi le secret des murmures, les vents salés, et tout ce qui reste en général cadenassé.

J’ai été cette petite fille à la souffrance aiguë, qui aurait tout donné pour un seul regard aimant. Je suis toujours elle. Sauf qu’en grandissant les petites filles se protègent de talismans bizarres et de carapaces multicolores. Les petites filles grandes deviennent dures. Parce qu’elles voudraient être aimées. Mais elles n’ont plus assez d’espace pour s’abandonner, toutes engoncées dans leurs armées de peur et de doutes.

Les petites filles jouent avec les allumettes, puis s’effraient à la moindre flamme. Parce que grandes ou pas, quelque chose hurlera toujours en elles:

Et si c’était pour du faux?

Et si la souffrance revenait, pire que jamais? Et si c’était juste une énorme farce malsaine?

Je suis aussi ça. Alors oui, j’aime qu’on m’aime. En surface.

Ça me paralyse, ça m’angoisse. J’ai du mal à accepter les jolies choses. Parce que j’ai tendance à n’en voir que le côté noir, supposé ou réel. Quand j’aime, j’attends la rupture, la faille, le désamour, le pas de trop, le pas de côté, la chute…

Une angoisse tellement forte que je foire consciemment tout ce qui ressemble de près ou de loin à une relation. Parce que ça m’est insupportable. c’est au delà de ce que je peux concevoir. Pour moi.

Parce que je ne veux pas faire souffrir, parce que j’ai trop de mal à me supporter moi même, parce que certains jours c’est trop compliqué que pour partager.

Alors, je refuse, je renâcle, je cabre. Je dis les mots qui blessent, qui saignent, qui pleurent. Tétanisée par la frousse, je fais le contraire de ce que je veux. Je l’aime et je le veux, pourtant je le perd. Bis repetita.

Peut etre qu’un jour, j’arriverai à être moi. Complètement. Peut être bien que ça deviendra facile. Que j’équilibrerai ma soif d’amour, mon envie de donner, et mes peurs pour en faire une chose simple et jolie. Peut être bien que j’arriverai à prendre une main, et à ne plus la lâcher. Plus m’enfuir.

J’espère juste que ce jour là n’arrivera pas trop tard. Quand il n »y aura plus personne.

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8 Réponses to “Et sinon, toujours morue?”

  1. Gaorl 18 août 2010 à 22 h 43 min #

    Bon, tu sais déjà ce qui merde, c’est pas mal. C’est un bon début

    • missstere 18 août 2010 à 22 h 49 min #

      Sauf que je sais pas comment fonctionner autrement 🙂

  2. C.a.dit 18 août 2010 à 22 h 50 min #

    Je saisis mieux certaines choses qui se passent en ce moment pour moi. Je voudrais juste te dire que la peur ne dois pas être une motivation pour les décisions. encore moins la peur de souffrir en amour : en amour on est deux pour affronter l’adversité. Refuser cela c’est refuser d’aimer. Aujourd’hui je n’ai pas peur de souffrir. Je paie cher le fait d’aimer. mais ce qui est le plus dur, c’est d’affronter cette souffrance seul.
    Courage belle blonde. (et ceux qui me connaissent savent ce que je veux dire quand je parle de « belle » blonde à une femme comme toi).

    • missstere 19 août 2010 à 13 h 12 min #

      je pense avoir des choses à régler, en particulier avec moi même… au moins j’ai compris ça 🙂

  3. Alex Cornu 18 août 2010 à 23 h 01 min #

    non, certainement pas morue… toujours ce sens de la formule, cette façon d’avancer masquée/démasquée, de s’analyser avec une grande sincérité sans oublier les travers et les failles. Sans complaisance. J’aime toujours autant et je continue de lire.Merci.

  4. baci 19 août 2010 à 0 h 27 min #

    c’est drôle, j’ai le mêê ressenti concernant les belles choses, j’ai écrit là dessus il y a quelques semaines d’ailleurs.

    à titre perso et même si je sais que ce n’est pas de cet amour que tu parles, j’attends, je fais des petits pas impressionnistes, je vois. je repars. et je trouve que ça avance
    🙂

    sinon, pour rebondir sur ta conclusion, je ne peux croire qu’il sera trop tard le jour où… ni que tu aies forcément l’obligation de tout bouleverser dans ton mode de fonctionnnement. nos différences, même violentes, nous apportent beaucoup je trouve…

    • missstere 19 août 2010 à 13 h 14 min #

      je crois qu’on a en commun une hypersensibilité, une porosité au monde. Nous sommes poreuses Baci, faut faire avec, en essayant d’en faire de beaux dégâts 🙂

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