#28: Souillon

5 Nov

Les choses et moi avons un rapport compliqué. Je n’aime pas l’objet. Je m’en sers s’il est utile, et basta. Je n’ai pas d’attachement particulier à lui. Sa durée de vie m’importe peu. Je ne fais pas particulièrement attention, je ne soigne pas les choses, je ne les ménage pas. Après tout, puisqu’il n’ont pas d’importance… Même les livres je n’use pas de précautions spéciales avec eux. Au contraire, puisqu’ils m’accompagnent partout, en rue quand je marche le long des trottoirs gris pour aller à l’école, dans mon bain, au déjeuner, il leur arrive souvent des accidents de parcours. Lire la suite

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#27: Mademoiselle Dehors

3 Nov
L’école n’est pas la maison. C’est un espace en dehors, hors limite. Le monde de la maison est celui du silence, des larmes ravalées, des petites griffures à l’égo. Un monde où je m’éteins, où je me plie aux règles, pour rester debout. Mais à l’école, rien ne m’oblige à me taire. La gamine introvertie de la première année devient peu à peu plus consistante, avec l’assurance des bonnes notes facilement obtenues. Lire la suite

#26: M’amour

1 Nov
Ce qui ne devait durer qu’un moment s’éternise. Pas parce que j’en ai envie, mais essentiellement parce que je n’arrive pas à le quitter. Ce n’est même pas pour ne pas lui faire de mal, lui, je m’en fiche, j’ accorderai plus d’importance à une fourmi qu’à lui. En me disant qu’il m’aime, il s’est ridiculisé. Je ne pourrai plus jamais le prendre au sérieux, ni même avoir de l’estime pour lui. Comment  être aussi aveugle? Lire la suite

#25 Prune

30 Oct

Prune. Mon grand père continue à m’appeler comme ça. Même si le petit fruit acidulé des débuts est maintenant presque mûr. Mes si mes joues ont pali. Même si mes yeux s’ombrent désormais de rimmel. Même si je porte des jeans troués. « Oui, c’est fait exprès, papy. » Poussée comme de la mauvaise graine, comme ces herbes folles qu’il s’échine à domestiquer dans son jardin. Son jardin. Peu de pelouse, par contre un potager immense, sur lequel il passe des heures. Tracer des sillons, semer, entretenir, veiller à la bonne santé des plantes et des fleurs. Lire la suite

#24: les grands ensemble

22 Oct

Syl. Soutien inconditionnel, et sans faille. La fille qui me fait le plus marrer au monde. C’est vrai qu’à l’école, notre binôme ne passe pas inaperçu. C’est vrai qu’on a un peu tendance à exclure les autres de notre petit couple. Après tout, nous sommes quasi en auto suffisance, nous avons l’amitié autarcique. Elle et moi, c’est un truc fort, précieux, et sans qu’on aie jamais nommé ce qui nous anime, on sait pertinnement toutes les deux qu’on s’apporte exactement ce qui manque à l’autre. Lire la suite

#23: M’amour

21 Oct

M’amour. C’est lui qui m’appele comme ça. Et même si je trouve ça ridicule, purement absurde, je laisse faire. Mon histoire avec le beau gosse n’a pas duré. Par dépit plus que par passion, jesuis retournée ans les bras du blond. Il est plutôt quelconque, maigrelet, innofensif. Parfait. C’est exactement le genre de type auquel je ne peux pas m’attacher. C’est pile poil ce que je veux. Profiter d’une présence, sans devoir sacrifier au jeu du je t’aime, de la souffrance, de la jalousie. Expérimenter un garçon, ses lèvres, ses baisers, ce que cela fait de plaire à quelqu’un, de tenir compte d’un autre dans ses priorités. Je trouve ça plutôt intrigant. Je n’en suis pas amoureuse. Lire la suite

#22: C’est-quoi-ton-nom-déjà?

20 Oct

Un mec chasse l’autre. Un peu plus paumé que le précédent, heureusement, il existe une telle variété dans les tares et les addictions humaines qu’au moins on a toujours l’impression de découvrir autre chose. De l’alcoolo au drogué, du repris de justice au mec dangereusement borderline, on en voit passer. Les Yeux Extraordinaires et les cheveux d’Or ont au moins cette bulle d’air, quand ils partent chez leur père. Moi, je n’ai rien.
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