Tag Archives: lui

#34: Salope

26 Nov

C’est la dernière ligne droite. Les dernières semaines avant de se jeter dans le vide. Je n’ai toujours absolument aucune idée de ce que je vais faire. Vaguement, je pense à l’université, mais sans savoir avec précision ce que je pourrais bien y faire. Il est trop tôt. Qu’est ce que je pourrai bien décider de ma vie maintenant? J’aime écrire, j’aime lire, j’aime écouter le vent dans les arbres. J’aime regarder les Yeux Extraordinaires dessiner. J’aime écouter les petits mots de rien des Cheveux d’Or. Je l’aime lui. Lui, fidèle parmi les fidèles… Lire la suite

#31: Jolie demoiselle

23 Nov

Les mois ont passés. La bande devient moins au centre de nous. Lui et moi sommes redevenus amis. On n’a plus jamais parlé de ce baiser. Je continue à lui parler de moi, de ce mec qui finira par me rendre dingue, c’est sûr. Il est patient, doux. Il écoute. Sans que je le sache, il m’apprivoise. Il sait comment me parler, comment me prendre. C’est précieux. Sans que je m’en aperçoive, il se rend nécessaire. Il m’aide pour des petites choses. Me rappelle des trucs à faire,alors que je suis si étourdie. Me ramène les pieds sur terre. Me calme. Lire la suite

#26: M’amour

1 Nov
Ce qui ne devait durer qu’un moment s’éternise. Pas parce que j’en ai envie, mais essentiellement parce que je n’arrive pas à le quitter. Ce n’est même pas pour ne pas lui faire de mal, lui, je m’en fiche, j’ accorderai plus d’importance à une fourmi qu’à lui. En me disant qu’il m’aime, il s’est ridiculisé. Je ne pourrai plus jamais le prendre au sérieux, ni même avoir de l’estime pour lui. Comment  être aussi aveugle? Lire la suite

#6: Blondinette

30 Août

Je me rappelle de sa frimousse, sa figure constellée de taches de rousseur. On en a fait toute une histoire de ces fameuses taches. Ma mère, par une lubie un jour, a entrepris de lui raconter que s’il avait ces curieux stigmates plein le visage, c’est que quand il est né, son père mangeait une sucette au coca, et qu’à la vue de son fils, il n’a pu réagir autrement qu’en crachant, sa salive coca teintant la peau blanche de mon petit voisin. On entrevoit déjà là sa manie de salir, de dire des méchancetés, comme ça. Surtout à plus faible qu’elle. C’est tellement facile de faire pleurer un petit garçon de sept ans. Pourtant, il ne pleure pas. C’est un petit dur, un embryon de macho, un rouleur de mécanique d’1 m 30, un futur caïd… Il serre les poings, et crispe ses lèvres. Et je le trouve beau à mourir quand il est comme ça. Quand il prend un air buté, quand ses joues blêmissent, quand je vois la grosse veine qui afflue à son front… Mon petit coeur de gamine idéaliste fond. Il palpite. Mon héros. Mon tout. Je vois son refus des larmes comme une résistance sublime à l’adulte, et je l’admire. De faire front. De ne pas être intimidé, sans avoir à se cacher, ou dissimuler. A la face du monde, il affiche son mépris. Et ça me plaît. Lire la suite

je vais bien, t’en fais pas

29 Août

Ce qu’on écrit, il ne faut jamais le négliger… Même si à priori, les mots ne cachent rien, sont pas pour faire vivre le personnage, et exister le mélodrame… Parfois il y a plus profond derrière. Une profondeur qui envoie des signaux d’alerte. Et quand vous avez la chance d’avoir des gens qui tiennent suffisamment à vous et vous connaissent assez pour s’en apercevoir, l’inquiétude nait. On vous demande des comptes, on vous évalue, mine de rien. A quel point est elle triste? A quel point va -t-elle faire des conneries? Est elle dépressive? Lire la suite

Breathe

14 Août

En user des draps de mauvaise vie, de mauvaises nuits, d’amours défraichis… Puis un matin, ondée claire. Tout foutre en l’air.

Jurer que plus jamais. L’inconséquence comme seule vertu, des esquives faciles, des mouvements de peau, onduler un peu. Anguille.  Angles obtus. Nouveaux.

Jurer le never more. A l’aune des remords et des rendez vous manqués, mesurer le vide. La distance. Grande inspiration.

Retenir son souffle. Retenir ses mots. Ne plus dire, ne plus vouloir, craindre. Se cacher, en s’exposant un maximum. Si visible, personne ne vous cherche. Si prolixe, personne ne vous sonde.

Puis… Ce moment, là… Un peu fragile. Difficile. Mais pas tant que ça. Des mots par dizaines, qui s’échappent. Rejouer encore? Les doigts qui tremblent, le cœur au bord du gouffre, les yeux qui disent. Ce moment là, où il sourit, et où je sais. Ce moment là, où le silence est la seule issue.

Ce moment là. A nous. Sensation absurde, innocence teintée de vice, désir … Pas seulement de sa peau, … Sa peau à s’en brûler. Perdre l’équilibre, perdre. Ou avoir tout à gagner?