Tag Archives: tendresse

#35: Mon coeur

27 Nov

Tout va très vite. Après tout, je n’ai plus rien à perdre. Je l’ai perdu, Lui. Autant essayer de s’en sortir le moins mal possible. Avec cet autre. Le bucheron. J’aime le voir comme ça. Épaules larges, solide, un peu bourru. Pourtant pas inintéressant. Il a des goûts musicaux très sûrs, qui m’impressionnent. Laissent présager d’une certaine sensibilité, malgré tout. Je découvre avec lui un tas de choses. J’élargis mon horizon musical. Ça me convient assez. Lire la suite

#6: Blondinette

30 Août

Je me rappelle de sa frimousse, sa figure constellée de taches de rousseur. On en a fait toute une histoire de ces fameuses taches. Ma mère, par une lubie un jour, a entrepris de lui raconter que s’il avait ces curieux stigmates plein le visage, c’est que quand il est né, son père mangeait une sucette au coca, et qu’à la vue de son fils, il n’a pu réagir autrement qu’en crachant, sa salive coca teintant la peau blanche de mon petit voisin. On entrevoit déjà là sa manie de salir, de dire des méchancetés, comme ça. Surtout à plus faible qu’elle. C’est tellement facile de faire pleurer un petit garçon de sept ans. Pourtant, il ne pleure pas. C’est un petit dur, un embryon de macho, un rouleur de mécanique d’1 m 30, un futur caïd… Il serre les poings, et crispe ses lèvres. Et je le trouve beau à mourir quand il est comme ça. Quand il prend un air buté, quand ses joues blêmissent, quand je vois la grosse veine qui afflue à son front… Mon petit coeur de gamine idéaliste fond. Il palpite. Mon héros. Mon tout. Je vois son refus des larmes comme une résistance sublime à l’adulte, et je l’admire. De faire front. De ne pas être intimidé, sans avoir à se cacher, ou dissimuler. A la face du monde, il affiche son mépris. Et ça me plaît. Lire la suite

#4: Didi

26 Août

Didi. Un simple redoublement d’une syllabe. Rien de bien sorcier. Je ne sais pas d’où elle a sorti ça. Elle n’est pas particulièrement imaginative. Enfin je ne crois pas. Elle … Je ne sais pas ce qu’elle fait en fait.. ni qui elle est. A quoi elle pense. Si elle rêve? Ce qu’elle aime. Je sais qu’elle peut passer des heures à regarder le tennis à la télé, j’ai le souvenir assez net des courts de tennis orange, du bruit de la balle, lancinant, récurrent, des ahannements des joueurs, des petits ramasseurs de balles qui détalent à toute allure, des scores mystérieux pour moi. A part ça, elle est un mystère. Mystère est peut être un drôle de mot, parce qu’à proprement parler, elle ne soulève pas de curiosité outrancière. Elle est. Et puis c’est tout. C’est comme ça. Lire la suite